RƒVISION DU PLU

 

RƒUNIONS DES PERSONNES PUBLIQUES ASSOCIƒES

 

LĠUnion Bell”loise, association agrŽŽe au titre de lĠenvironnement, fait partie de ce quĠon appelle les Òpersonnes publiques associŽesÓ et peut intervenir  ˆ ce titre dans lĠŽlaboraiton des PLU.

Deux rŽunions par ateliers  (Žlus, reprŽsentants de lĠŽtat, personnes publiques associŽes) ont eu lieu en mars. Deux autres Žtaient prŽvues le 16 avril (loi Littoral et agriculture).

Mais celle du matin, consacrŽe ˆ la loi Littoral a ŽtŽ remplacŽe par une rŽunion publique, ˆ laquelle le prŽsident de lĠUBED a  participŽ.

 

Voici ses impressionsÉ

 

Cette rŽunion publique sur la prise en compte de la Loi Ç Littoral È dans lĠŽlaboration du PLU Žtait certes utile par les informations quĠelle pouvait apporter ˆ la population ; on peut cependant regretter quĠelle ait pris la place de la sŽance prŽvue de rŽflexion et dĠŽchanges constructifs en ateliers entre les Žlus, les personnes publiques et les associations agrŽŽes : les deux sŽances Žtaient complŽmentaires mais non substituables.

 

Comme on pouvait sĠy attendre un bon nombre dĠassistants Žtaient venus pour exprimer leurs griefs contre la loi en question. Ainsi ont fusŽ quelques remarques ponctuelles alternant avec de longues diatribes dont celle dĠun Žlu ˆ qui sa conception particulire du traitement de lĠenvironnement a valu, il y a peu, quelques ennuis judiciaires qui devraient lĠinciter ˆ plus de dŽcence et de discrŽtion.

 

Non sans humour, M. Lemonnier, reprŽsentant de lĠƒtat a remarquŽ, quĠen se fondant sur la densitŽ de la population de Hong-Kong, on pouvait estimer que Belle-ële pourrait recevoir 500 000 habitants. Remarque accueillie avec le sourire, mais on ne saurait tre absolument persuadŽ quĠelle nĠen a pas fait rver quelques uns.

 

Pour en revenir aux diverses interventions, il nĠŽtait pas toujours bien difficile de percevoir la motivation de leurs auteurs. Bien sžr, on peut comprendre le souhait de celui qui voudrait construire Ç un tiig gwen È sur un modeste lopin. Mais se dŽvoilaient aussi des gourmands pestant contre une loi scŽlŽrate qui les empche dĠŽdifier de vastes complexes culturels ou artistiques (?) – on en conna”t, de border la c™te de multiples lotissements, de creuser des marinas, etc. sans parler de propriŽtaires prts ˆ vendrebien cher - leur patrimoine devenu urbanisable ˆ quelque bŽtonneur. Cette loi littoral est ce quĠelle est, mais elle fut en son temps votŽe ˆ lĠunanimitŽ des parlementaires, on ne saurait ainsi la souponner de ne pas dŽfendre lĠintŽrt gŽnŽral.

 

LĠintŽrt gŽnŽral nĠest pas la somme des intŽrts particuliers sinon, pour de qui est de la loi Littoral, Belle-ële pourrait assez vite ressembler ˆ Hong-Kong, chacun, en effet, pourrait vouloir b‰tir sur toutes ses terres. LĠ”le serait ainsi rapidement victime de ce phŽnomne, affectant la France continentale et surtout le littoral, qui est lĠartificialisation du paysage : tous les dix ans lĠŽquivalent de la superficie dĠun dŽpartement est arrachŽ ˆ la nature pour tre urbanisŽ.

 

Il est affligeant de voir certains responsables contester cette loi Ç Littoral È dont lĠapplication doit permettre ˆ l'”le de conserver son attrait, de dŽfendre son Žcosystme, de ne pas perdre son ‰me. Vouloir une exception insulaire qui autoriserait ˆ bŽtonner davantage fait craindre, de leur part, un dangereux mŽpris du bon sens : cĠest tuer la poule aux Ïufs dĠor, scier la branche lĠon est assis. SĠil y avait une exception insulaire, elle devrait, au contraire, renforcer la protection du pays contre les appŽtits immobiliers.

 

Il nĠest pas question de voir une ”le figŽe, une ”le morte, mais ces responsables devraient se persuader que la solution nĠest pas dans la facilitŽ. Il leur  faut, par le travail, en faisant appel ˆ lĠintelligence, ˆ lĠesprit dĠinitiative, ˆ lĠimagination, chercher ˆ apporter ici des activitŽs compatibles avec le milieu, qui stimuleraient lĠŽconomie et donneraient de la vie, pour la plus grande satisfaction des habitants. CĠest dĠune bien grande pauvretŽ dĠesprit que de ne concevoir lĠavenir de lĠ”le quĠˆ travers la spŽculation immobilire et le bŽtonnage pour crŽer un marchŽ touristique soumis ˆ toutes sortes dĠalŽas. 

 

On peut affirmer, pour finir, que cette loi dŽfend la libertŽ de la plupart des gens. Hegel nous dit : Ç l'intŽrt particulier ne doit tre ni nŽgligŽ ni refoulŽ, mais accordŽ ˆ l'intŽrt gŽnŽral, et ainsi l'un et l'autre sont maintenus È, la loi Ç littoral È tend ˆ suivre la voie ainsi dŽfinie, rŽjouissons-nous donc de ce que le plus grand nombre puisse profiter de cette belle ”le en lui gardant son caractre et tout ce qui en fait le charme.

 

Jean DAUMAS-BƒDEX